Duo de Violoncelles | 6 February 2011

Magdalena MOROSANU et Stéphane SIMONAZZI: La rencontre de deux violoncellistes.

C'est en 2009 que Magdalena Morosanu et Stéphane Simonazzi ont eu le privilège de voir leur parcours musical se croiser. En effet, à cette époque, l'opéra « Carmen » de Bizet était mis sur pied à St-Maurice (Opéra du Rhône) et les deux musiciens ont pu partager à cette occasion de belles pages du répertoire. Une bonne entente s'est rapidement développée, et l'idée d'un projet de concert à deux violoncelles naquit de cette rencontre. Partageant leur passion commune du violoncelle, les deux musiciens ont donc recherché des pièces du répertoire et ont commencé avec enthousiasme le déchiffrage de différentes oeuvres. Ils ont travaillé à concrétiser leur projet commun, malgré leurs nombreux engagements respectifs. Ces derniers ne les ont toutefois pas découragés de regarderdanslamêmedirectionpourleplaisird'uneexpériencemusicalesortantdessentiersbattus. Parallèlement à leur parcours musical et professionnel respectif (Magdalena Morosanu dispose d'une activité de soliste, d'orchestre et d'enseignement étendue, Stéphane Simonazzi est également médecin psychiatre- psychothérapeute), les deux violoncellistes partagent le fait d'avoir tous deux étudié dans les classes professionnelles du Conservatoire de Lausanne, Magdalena Morosanu chez Patrick Demenga (diplôme de soliste), Stéphane Simonazzi auprès de Mineo Hayashi (1er prix de virtuosité).

Leur recherche les a conduits vers différentes pièces du répertoire, en commençant par la délicieuse sonate pour deux violoncelles de Jean Barrière (1705-1747), virtuose du violoncelle, un des plus connus de son temps. Ses travaux sont connus surtout pour leur sensibilité et leur tonalité parfaites, leur résonance émotionnelle et leur sonorité profonde.

Les deux musiciens se sont ensuite penchés sur une sélection de duos de Rheinhold Glière (1875-1956). Compositeur post-romantique russe, puis soviétique, le style de composition de Glière était déjà parvenu à maturité dans les dernières années du dix-neuvième siècle; son œuvre musicale est fermement ancrée dans la grande tradition russe. Les pièces choisies pour deux violoncelles frappent par leur rigueur, l'aspect très recherché et parfois tortueux des tonulations.

Le programme nous fait ensuite écouter le Grand Duo concertant pour deux violoncelles de Jacques Offenbach (1819-1880). Il y a lieu de rappeler ici qu'Offenbach a étudié le violoncelle au Conservatoire de Paris, où il a été admis à titre dérogatoire à l'âge de quatorze ans, débutant parallèlement une carrière de soliste virtuose . Le duo concertant choisi par nos deux interprètes s'inscrit dans ce style léger, toujours chantant, mettant en valeur de belles lignes mélodiques que chaque musicien reprend à tour de rôle, sous un accompagnement arpégé alternant avec des doubles cordes donnant à la pièce par moments un climat plus tendu. Malgré l'impression de légèreté qui se dégage de l'oeuvre, des passages de virtuosité n'épargnent pas les deux musiciens.

Enfin, le choix de nos deux violoncellistes s'est porté sur la Suite Opus 16 pour deux violoncelles de David Popper (1843-1913). David Popper commence son apprentissage de la musique très jeune avant d'entrer au conservatoire de Prague. Il étudie ensuite avec le violoncelliste allemand Julius Goltermann. Sa suite pour deux violoncelles constitue une pièce incontournable, mais également redoutable, pour chaque violoncelliste qui ose s'y aventurer. Il n'y eut pendant longtemps aucun enregistrement, car personne ne s'aventurait à s'attaquer aux problèmes instrumentaux presque insolubles qui caractérisent certains passages, notamment dans le dernier mouvement de cette suite. Malgré sa grande difficulté, cette pièce est magnifiquement écrite pour les deux violoncelles. Toute la sensibilité et la virtuosité de son auteur lui donnent ses lettres de noblesse. La virtuosité, bien qu'omniprésente, n'occulte pas la richesse des idées, notamment dans un Largo espressivo particulièrement poignant.

Nos deux interprètes espèrent ainsi transmettre au public leur enthousiasme, en faisant découvrir (ou redécouvrir), au travers de leur recherche exigeante, la chaleur de l'alliance de leurs sonorités, dans un plaisir certain à expérimenter le fait que, selon la formule consacrée, «le tout ne se résume pas à la somme des parties». 


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